Parentalité

Gérer les colères: ne faites plus cette erreur!

Ha la colère….Cette émotion qui fait peur à beaucoup d’entre nous et que nous ne savons pas « gérer ». Mais pourquoi cherchons nous à gérer les colères de nos enfants ?

Pour commencer, si vous ne l’avez pas lu, vous devriez consulter notre article « n’ayez plus peur de vos émotions désagréables ».


Pourquoi ne faut-il pas gérer les colères de nos enfants ?


Déjà vous le savez peut-être si vous nous suivez sur ce blog, mais le terme gérer concernant les émotions est à proscrire. (découvrez ici pourquoi ! )

La colère est une émotion, et donc comme toute émotion, elle est incontrôlable. La colère apparaît lorsque nos limites sont dépassée. Elle est donc nécessaire et très utile.

Nous réagissons inconsciemment et instinctivement lorsque nous sentons que nous ne sommes plus respecté dans nos besoins et nos valeurs: c’est une manière de se protéger. Chercher à gérer la colère reviendrait à s’interdire de ressentir. Non seulement c’est impossible de le faire consciemment, mais en plus c’est totalement néfaste puisque nous engrangerions à terme tellement de tensions que nous exploserions en vol. C’est d’ailleurs un trait commun aux personnes sujettes à des dépressions ou burn-out.


Ce n’est pas tant l’émotion que son expression qu’il est bon d’adapter. Donc accompagner l’émotion lorsqu’elle se présente, plutôt que de la gérer ou chercher à la faire taire.

Accompagner plutôt que gérer les colères


Intervenir pendant la colère est une erreur


Vous est-il déjà arrivé d’être en colère, après votre enfant par exemple à qui vous veniez de demander 3 fois d’arrêter de jeter son repas à terre, ou de taper sa sœur ou son frère, ou encore de rester calme dans le magasin ou pendant une conversation téléphonique ?

Vous est-il arrivé que votre conjoint/conjointe vous reprenne en vous disant de vous calmer, que ce n’est pas si grave et que cela ne vaut pas la peine de se mettre dans cet état de nerf ?

Cela vous a-t-il calmé ou au contraire, énervé encore plus ?

Personnellement, lorsqu’il m’arrive d’être en colère, m’entendre dire calme-toi ne fonctionne pas du tout, bien au contraire. Je sens la pression monter encore plus ! Ma colère est légitime, elle vient toucher quelque chose d’inacceptable pour moi. Elle me permet de fixer une limite. Lorsqu’elle est rejetée et invalidée par l’autre, elle n’a qu’une envie, s’exprimer plus fort encore.


Et bien figurez-vous que nos Oursons ressentent la même chose que nous !


Intervenir pendant la colère, inviter au calme, au contrôle, ou pire encore punir pour essayer de rétablir une harmonie est donc absolument inefficace.

Apprendre à danser sous la colère
La vie ce n’est pas attendre que l’orage passe, c’est apprendre à danser sous la colère


Un entrainement régulier


A partir d’aujourd’hui , vous connaitrez le secret pour « gérer » les colères de vos Oursons est de s’entraîner en dehors de la crise émotionnelle !

Et oui, lorsque la colère est installée, il est trop tard pour faire quelque chose. Pour être vraiment efficace, il faut s’entrainer !

Lorsque votre enfant est en pleine possession de ses capacités est le meilleur moment pour parler avec lui de la colère. Expliquer ce que c’est, ce qu’il ressent lorsqu’il est en colère et surtout, surtout! , lui donner des outils pour décharger sa colère de manière acceptable.

Il est nécessaire d’exprimer et de libérer la tension d’énergie apportée par la colère. Si nous partageons à nos Oursons comment ils peuvent le faire, et que nous nous entrainons avec eux à cette technique, ils sauront s’en servir au moment où ils en auront besoin.

Et vous serez surpris de voir qu’ils sont très demandeurs, car qui se sent confortable et serein lorsqu’il est en colère ? Eux pas plus que nous.

Nos enfants n’aiment pas être en colère, ils n’aiment pas se sentir débordés par cette émotion.


Décharger la colère de manière efficace…


…et acceptable !

Voici donc une technique à leur proposer pour qu’ils puissent vivre leur colère tout en respectant votre besoin d’harmonie :

Le polichinelle –> voir la vidéo d’explication

Les enfants sont très imaginatifs. Il est donc fort possible qu’ils ajustent cette technique à leur sauce. Et je vous encourage grandement à les laisser faire : plus ils s’approprient la méthode, plus elle sera efficace pour eux car correspondra à leurs besoins.

Ici par exemple, Bib’ours a ajouté un balancement de bras pour faire le vent, puis un grand souffle pour envoyer bien loin toute cette colère.

Apprendre à gérer les colères efficacement
Vos oursons n’aiment pas être débordé par leur colère


En conclusion


Pour ne plus gérer les colères de vos enfants et être vraiment efficace pour les accompagner à dépasser ces situations inconfortables, vous pouvez :

  • vous rappeler que si la colère est là, c’est que sa limite est dépassée : votre enfant se sent donc très mal

  • vous entraîner en amont et lui donner des outils pour libérer sa colère de manière efficace et acceptable

  • ne plus chercher à canaliser pendant la crise au risque de vous épuiser sans régler la situation. Mais aussi de créer une incompréhension entre vous et votre enfant qui cherche votre soutien à ce moment là.


Voilà, vous êtes parés maintenant. Vous pouvez aussi consulter cette activité qui apprend à décharger au fur et à mesure ses tensions pour éviter d’en arriver à une décharge intense de colère : mon réservoir intérieur.


Téléchargez aussi le bonus gratuit pour apprendre les émotions en jouant juste ici à droite ->

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12 commentaires

  • SOPHIE

    Merci pour cet article! Notre fils de bientôt 8 ans exprime beaucoup de ses émotions par de la colère (frustration, tristesse, injustice…). En tant que maman hypersensible, il est très difficile pour moi de ne pas recevoir sa colère de plein fouet, d’autant plus qu’il me lance parfois des phrases du genre « t’es trop méchante ou je ne t’aime plus… » et même si je sais que c’est sa colère qui parle, cela me touche toujours.
    Un problème récurrent chez nous est la différence d’humour entre nos deux enfants. Notre plus grand adore faire des « blagues » au plus jeune qui est très susceptible et à toujours l’impression qu’il se moque de lui ou qu’il cherche à l’énerver. J’ai expliqué au grand que ses blagues ne conviennent pas à son frère et qu’il peut les faire à ses amis ou même à nous mais parfois je me rends compte que c’est plus fort que lui, que l’intention n’est pas mauvaise et je me dis que c’est aussi demander à notre grand de faire abstraction d’une part de sa personnalité, ce qui n’est pas évident… Avez-vous des conseils?

    • Bénédicte&Fabien

      Bonjour Sophie, plusieurs sujets dans ton commentaire. La manière dont tu reçois ses colères et l’humour de ton grand.
      Je vois que tu as pointé la difficulté que tu as a accueillir ses propos : quelle émotion ressens tu lorsqu’il t adresse ces mots ? De quoi aurais tu besoins dans ces moments de crise ? Par exemple peut être ressens tu de la tristesse et tu aurais besoin de compréhension ou d’amour. Peut être autre chose. C’est important de nommer ce que tu ressens lorsque lui est en colère. Cela te rappelle t il une expérience vécue ou cela touche t il a l’image de toi en tant que mère par exemple.
      Quels sont ses besoins à ce moment là ? As tu identifié des facteurs précis qui déclenchent cette émotion ? Quel est le(s) besoin(s) commun(s) à ces situations ? Besoin d’écoute, besoin d’expression, besoin de sécurité…?
      En tant que figure d attachement, tu prends sa colère. Lui partager ce que tu ressens à ces moments là (en dehors de la crise) et lui proposer une autre alternative de déchargement pourrais vous aider (voir nos vidéos sur YouTube)

      Ensuite pour les 2 frangins, tout dépend de l’âge du plus jeune et de ce que vous lui avez expliqué ? Il s’agit de trouver un équilibre entre les 2 personnalités pour qu’elles puissent s exprimer et que chacun puisse faire attention. J’aime l’idée d une table ronde ou chacun partage ce qu’il pourrait trouver comme solution 😊

  • Carle

    Nous pensons rarement à faire le parallèle avec nos propres émotions d’adultes, et pourtant, on comprend avec du recul qu’accueillir l’émotion est essentiel ! Merci pour cet article plein de bienveillance qui me donne un nouveau point de vue 🙂

  • Claire

    Oui, il est parfois difficile de savoir comment réagir face à une colère! Il faut déjà savoir si nous-même sommes en état de « recevoir » cette colère (qui est plus difficile à recevoir qu’une explosion de joie par exemple!) et ensuite savoir comment aider à calmer cette colère pour trouver une solution à ce qui l’a causé! Chez nous c’est un verre d’eau, ou un câlin, ou des coups dans un oreillers…et ensuite on peut discuter calmement de ce qui a causé cette colère et trouver une solution. Mais mon petit coeur de maman saigne quand mon loulou de 3 ans me dit entre deux sanglots « je suis en colère mais je n’arrive pas à me calmer »!

    • Bénédicte&Fabien

      Ce fameux rapport aux émotions désagréables. As tu lu notre article https://leveil-des-emotions.com/peur-des-emotions/
      Si tu le vois comme une étape douloureuse, cela le devient pour eux aussi, peut être qu’à ce moment tu peux lui répondre que si il n’arrive pas à se calmer c’est simplement que toute sa colère n’est pas encore sortie ? Cela l’encouragera à se libérer jusqu’à être totalement prêt à accueillir la discussion. Vos petites astuces bien à vous sont parfaites pour cela !

  • Une maman deux maisons

    C’est vrai que lorsqu’on comprend que la colère ou n’importe quelle émotion n’est ni bonne ni mauvaise mais qu’elle transmet un message, cela permet de prendre du recul et de ne pas monter dans les tours à notre tour.

  • caroline Drouart

    la colère peut aussi masquer une autre émotion , que l’enfant s’interdit d’exprimer. Oui, déjà si jeune, il est possible de « masquer ». quelle que soit sa cause, l’émotion nécessite d’être entendue et acceptée, merci pour ton article 😁

    • Bénédicte&Fabien

      Absolument, les masques apparaissent déjà si jeune. La colère peut être couplée à une autre émotion et masquer plusieurs besoins, elle peut aussi apparaitre car l’autre émotion, comme la tristesse par exemple, n’arrive ou ne peux pas être exprimée. Merci pour ton commentaire pertinent 🙂

  • Mélody

    Encore un article plein de bonnes ondes et de bons conseils, pour les petits comme pour les grands. Je partage avec les copines ! Merci ☺️

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