Parentalité

Au secours , je n’aime pas mon enfant…!


Ce sujet au combien tabou du désamour parental culpabilise bien des générations. Ce secret est hautement gardé dans la sphère intime. Parfois, même le conjoint n’en a pas connaissance. Cela mène à se questionner sur soi, ses capacités. Et les réponses apportent bien souvent un regard réprobateur sur soi. J’aimerais aujourd’hui apporter un éclairage nouveau à toutes ces personnes qui peuvent penser ne pas aimer leur enfant. Car au fond, est-ce bien vrai ?


Dans l’esprit collectif, il semble normal d’aimer son enfant et la société l’a pris pour acquis. Quelque soit la difficulté que représente l’éducation d’un enfant, la fatigue, les tensions, les émotions. Sortir des normes du groupe amène à l’isolement, aussi la plupart préfère se taire sur leur quotidien. S’isolant finalement encore plus, restant seul face à leur détresse. C’est souvent à force de surmenage que l’on arrive à penser détester son enfant.

je n'aime pas mon enfant, confusion des sentiments


Si chacun de nous acceptait cette possibilité sans jugement, nous nous sentirions plus libre d’en parler ouvertement. Les situations pourraient alors évoluer rapidement au sein des familles.

Voici donc quelques questions à se poser, ou à poser à vos proches, face à cette situation.


Je n’aime pas mon enfant, et si ce n’était pas lui ?


Il est important de commencer par se demander si ce que nous ressentons est temporaire ou durable. Cela permet de déterminer le stade de tension où nous nous situons.

Ne nous arrive-t-il pas d’éprouver ce même sentiment pour une autre personne, comme un conjoint ou un parent?

Pourquoi ce sentiment est-il perçu différemment lorsqu’il s’agit de notre Ourson ?

Certains spécialistes affirment que ce désamour est possible, mettant en cause la pression de la société.

Cependant, il me semble intéressant de pousser cette réflexion plus loin.


Est-ce envers cette personne que je ressens un réel désamour ou bien est-ce envers la situation ?

Pour répondre à cette question, vous pouvez-vous demander si une autre personne était face à vous, cela susciterait-il le même sentiment ?


Ce ressenti est-il dû à de la fatigue ?

A un trop plein de responsabilité ?

Est-ce la situation de manque de temps pour moi qui me pèse ?

La frustration de devoir sacrifier mes envies ?

L’énergie demandée pour conserver ma patience ?

Le bruit, la fatigue généré par les cris (même ceux de joie) de mon enfant ?

La tristesse de la situation, bien différente de celle que vous espériez ?


En conclusion, est-ce la personne ou la situation qui génère ce sentiment ?


Et moi dans tout ça ?


Si ces questions vous ont permis de détecter que ce n’est pas la personne, en l’occurence votre enfant, que vous n’aimez pas mais la situation, vous pouvez maintenant chercher lequel de vos besoin n’est pas respecté pour pouvoir opérer le changement dont vous avez besoin.

Téléchargez la liste ici

Définir ses besoins permet de les partager clairement autour de vous. Quand une situation vous déplait, vous serez capable de comprendre pourquoi, quel est l’enjeu pour vous à e moment là.

Maintenant que vous avez identifié votre ou vos besoins, voyez à quel moment vous pouvez intégrer une action y répondant dans votre quotidien.

Par exemple, si votre besoin est celui de calme, il est évident que ce n’est pas le soir au moment du repas avec les 3 enfants à table que vous pourrez vous l’octroyer. Par contre, vous pouvez remplir votre jauge en amont, en prenant 5′ pour vous avant de descendre de votre voiture pour respirer profondément ou écouter une musique apaisante.

Si votre besoin est celui de la tendresse, vous pouvez vous faire un auto massage pendant quelques minutes sur les mains, en ressentant pleinement le contact de votre peau, ou demander à votre Ourson de vous serrez dans les bras.

Si vous avez besoin de considération, entraînez-vous en amont à formuler vos attentes pour en être capable au moment d’un échange avec votre entourage.


Enfin, si vous pensez que c’est bien la personnalité de votre enfant que vous n’aimez pas, lisez le conseil n°3 donné ici, valable pour tous 😉


Mais au fait, ça veut dire quoi aimer ?

Si il vous reste encore une once de culpabilité de pouvoir ressentir de l’énervement, un besoin de vous recentrer sur vos propres besoins, cette vidéo va vous aider à y voir plus clair.


Si comme la plupart d’entre nous, vous percevez l’amour comme une émotion, alors il est essentiel de se rappeler que l’émotion ne dure que quelques secondes. Il est donc absolument normal de ne pas ressentir cette émotion, de ne pas aimer à chaque instant !

Vous pouvez relire ici ces 15 choses à savoir à propos des émotions.

Si l’amour est vu comme un besoin, n’est ce pas dans votre situation un besoin d’amour que vous ressentez plutôt qu’un « désamour » de l’autre ?

N’est ce pas un besoin d’écoute, de respect ? Une volonté que votre enfant face exactement ce que vous souhaitez avant de l’avoir formulé ? Que votre enfant ait envie de faire la même chose que vous au moment où vous l’avez décidé ? Ce besoin n’étant pas satisfait, vous vous sentez peut-être rejeté, désaimé, et en arrivez à penser ne plus aimer votre enfant.


Repenser son rapport à l’amour ainsi que son lien à son Ourson, voilà ce que je vous propose maintenant d’aller explorer 🙂


Ce sujet étant sensible, j’espère m’être bien exprimé, sentez vous libre de partager vos avis et commentaires pour échanger ensemble.


Partagez cet article, aidez les parents qui se sente démunis. Aidez les parents qui croient ne plus aimer leur enfant, à repenser leurs sentiments et améliorer leurs relations, car cela peut-être une réelle souffrance que de penser ça.

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15 commentaires

  • Dalbes

    Notre relation avec nos enfants reste une relation humaine, c’est donc complexe. Nous sommes traversés par des émotions que nous n’avons pas forcément appris à gérer, nous sommes également sous la coupe de notre propre éducation. De nos attentes, de la pression sociale. C’est devenu tendu, d’élever un petit, il me semble. C’est difficile, comme si nous étions soumis à des pressions contraires. D’où ces agacements, ces frustrations.
    Dans certaines sociétés, on n’attend pas autant de nos enfants. Ils sont des petits êtres humains qui doivent apprendre. Il s’agit alors d’être patients avec, en comprenant qu’ils n’ont pas la maturité pour gérer leurs émotions. Et nous adultes, nous devons apprendre à gérer les nôtres, si on veut montrer l’exemple.
    J’ai ressenti de la déception, envers mon ado, qui semble à l’opposé de ce que j’attendais inconsciemment. Mais c’est aussi un âge très compliqué. Et je dois faire attention à ce que je renvoie.

  • emma

    Excellentissime article ! la vidéo du chacal et de la girafe est super bien choisie et introduit l’humour pour étayer ton propos dans l’article. Merci beaucoup

  • A.Sophie

    Merci pour cet article, plein de tendresse sur cette émotion taboue.
    Il est vrai que comme parent, c’est dur d’identifier ses émotions envers ses enfants. C’est une tache nécessaire quand nous nous sentons dépourvu devant ce que nous ressentons avec honte.

  • Claire

    Que ce sentiment doit être dur à surmonter et si difficile à exprimer! Pourtant, comme tu le dis si bien, il y a beaucoup de questions à ce se poser avant d’en arriver à cette conclusion! Ne pas oublier que nos enfants nous demandent une quantité d’énergie incroyable et qu’il est bien normal de temps en temps de se sentir déborder et d’avoir tout simplement envie de claquer la porte pour partir loin de notre quotidien!

  • Morgane Urvoy

    Formidable de traiter ce sujet tabou ! Je m’étais posée cette question avant l’arrivée de mon précieux, et si ça ne fonctionnait pas entre nous … mais j’avoue que depuis bientôt 18 ans, je n’ai pas eu l’occasion de me reposer une seule fois cette question. Je pense effectivement que l’on doit être perdu lorsque des doutes arrivent et il est bien de donner des pistes de réflexions.

    • Bénédicte&Fabien

      Merci de ce partage ! Parfois, la question vient avant, parfois après. Les pistes de réflexion ne sont alors pas les mêmes 🙂 J’encourage les futures mamans à pratiquer la sophrologie pour toutes ces questions, car cela rassure de découvrir ses potentialités !

  • Jouvenon

    Merveilleux article ! Quelle culpabilité nous endossons parfois les parents surtout dans les périodes de traversée du désert… Et ds les moments ou les enfants restent leur fugure d attachement.. …. Dur de s autoriser a etre parfaitement imparfait 😉

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